L’intelligence émotionnelle au service des entretiens en anglais

L’intelligence émotionnelle au service des entretiens en anglais

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Des émotions négatives qui vous nuisent, des émotions positives qui vous tirent vers le haut. Qui n’a jamais entendu ces phrases ? Bien que logiques de prime abord, nul n’imagine qu’elles puissent être autant avérées. Ce que les scientifiques appellent l’intelligence émotionnelle existe bel et bien et est désormais bien compris. Que se cache-t-il précisément derrière les termes « intelligence émotionnelle » ? Quels en sont les impacts dans vos échanges en anglais, et plus particulièrement lors d’un entretien d’embauche ? Pouvez-vous souffrir d’un manque d’intelligence émotionnelle et quels en sont les signes ? Comment y faire face et l’améliorer, notamment lors d’une prise de parole en anglais ? Autant de questions abordées dans ce nouvel article.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

L’intelligence émotionnelle consiste à mieux gérer les situations quotidiennes telles que le stress en utilisant et canalisant ses propres émotions. Ce concept a été décrit pour la première fois en 1920 mais n’a commencé à être connu qu’à partir des années 1980. Des recherches scientifiques crédibles ont par ailleurs été initiées lors de la décennie suivante. C’est à la même époque que le terme « intelligence émotionnelle » est apparu.

Les psychologues Salovey et Mayer la définissent comme une forme d’intelligence qui repose sur la capacité à contrôler ses sentiments et émotions ainsi que ceux des autres, et à les distinguer entre eux. Cela permet d’orienter ses pensées et ses gestes. Par exemple, la peur fait paniquer, fait fuir ou paralyse. Pourtant cette peur n’est pas toujours rationnelle et une analyse de la situation peut la faire retomber. La réaction immédiate n’était donc pas adaptée.

Trois modèles ont été proposés pour décrire précisément l’intelligence émotionnelle, autrement appelée IE. Sans entrer dans le détail, intéressons-nous ici au plus récent des trois : le modèle de Bar-On. Selon lui, l’intelligence émotionnelle peut se mesurer ; c’est ainsi que nait le Quotient Émotionnel ou QE, qui repose sur le principe du Quotient Intellectuel ou QI.

Il ajoute enfin que le QE peut être amélioré avec le temps, à l’instar du QI. Il n’est pas figé et il faut le travailler pour progresser. Le constat qui s’impose à la lecture de son modèle est que l’intelligence émotionnelle influence fortement son quotidien, y compris dans sa vie professionnelle. Lors d’une prise de parole en anglais, c’est le même genre d’émotion qui intervient et qui fait que vous n’êtes souvent pas confiants.

Comment un manque d’intelligence émotionnelle peut-il entraver vos échanges en anglais ?

Lorsque nous parlons d’échanges en anglais, nous ne nous limitons pas à des discussions informelles avec un anglophone. Cette partie de l’article concerne tout aussi bien les entretiens d’embauche que les prises de parole face à un public, par exemple. Il y sera expliqué l’influence que peut avoir l’intelligence émotionnelle sur la gestion de notre stress avant de vous exprimer en anglais.

L’intelligence émotionnelle comme facteur de stress

Ce type d’épreuve est souvent source d’appréhension. Alors, il est aisé de comprendre que lorsqu’il faut s’exprimer dans une autre langue que la vôtre, par exemple l’anglais, c’est encore pire : « Vais-je réussir à me faire comprendre ? »,« Vont-ils se moquer de mon accent français ? » font partie des interrogations les plus courantes dans ces moments-là.

Si chacun réagit différemment à l’approche d’un entretien ou d’une présentation en anglais, cinq facteurs universels décrivent l’intelligence émotionnelle, d’après le modèle de Bar-On :

  • un facteur intra-personnel (la conscience de soi et l’expression de soi) ;
  • un facteur interpersonnel (la conscience des autres et l’interaction) ;
  • un facteur degestion du stress (le contrôle du stress) ;
  • un facteur d’adaptabilité (la gestion du changement) ;
  • un facteur d’humeur générale (l’auto-motivation).

Les impacts négatifs d’un manque d’intelligence émotionnelle

Imaginez que n’ayez aucune maîtrise de votre intelligence émotionnelle, ou de manière limitée. Cela se traduirait par un Quotient Émotionnel faible, s’il était mesuré. Alors concrètement, quelles seraient les conséquences négatives d’un manque d’intelligence émotionnelle sur votre capacité à vous exprimer en anglais ou toute autre langue étrangère ? Sur la base des cinq piliers du modèle de Bar-On, les impacts négatifs seraient alors les suivants :

  • Vous n’avez pas conscience de vous-même et ne parvenez pas à comprendre vos propres émotions. Dès lors, comment votre auditoire le pourrait-il ?
  • Vous ne savez pas vous maîtriser et vos réactions peuvent être incontrôlables. Qu’adviendrait-il si votre interlocuteur vous interrogeait et que vous n’ayez pas forcément la réponse ? Vous bégaieriez, rougiriez, pleureriez ? Il est souvent difficile de se projeter, mais nul doute que si vous n’aviez pas suffisamment d’intelligence émotionnelle, vous risqueriez d’envenimer une situation déjà inconfortable.
  • Vous n’êtes pas motivé : vous n’avez pas confiance en vous et pensez que vous n’arriverez pas à parler un anglais compréhensible ? De ce fait, rien que cette idée vous décourage et vous entrez dans la spirale négative des croyances limitantes. La pensée négative vous fait échouer dans votre prise de parole.
  • Vous ne ressentez aucune empathie : il devient difficile d’instaurer un dialogue avec votre recruteur ou avec votre auditoire car nous n’êtes pas en mesure de ressentir leurs émotions.
  • Vous ne possédez aucune aptitude sociale : vous n’êtes pas à l’écoute des autres et cela nuit à vos relations professionnelles.
    Les bienfaits d’une bonne intelligence émotionnelle

À l’opposé, les personnes qui possèdent une grande intelligence émotionnelle connaissent un épanouissement plus important. Cette attitude positive peut s’exprimer de diverses manières, comme par exemple :

  • une excellente gestion du stress dans les moments intenses ;
  • un sang-froid salvateur durant les entretiens d’embauche ;
  • une parfaite élocution qui vous permet d’être parfaitement compris lors de vos prises de parole en anglais ;
  • une aura impressionnante qui suspend votre auditoire à vos lèvres : votre accent n’a que peu d’importance, personne ne vous en tient rigueur et vous n’avez plus besoin de vous en préoccuper ;
  • vos prises de parole et vos entretiens deviennent autant d’occasions d’échanges relationnels réciproquement profitables ;
  • vous êtes motivé et cela se ressent fortement durant vos entretiens d’embauche ;
  • vous n’avez pas de croyance limitante et tirez profit de toutes les situations même les plus difficiles : vous savez rebondir et les recruteurs apprécient cette attitude.

Dès lors, aucun doute que si vous possédez une forte intelligence émotionnelle, vous serez davantage en verve dans vos projets. Votre maîtrise de l’anglais n’en sera que meilleure et vous vous ferez comprendre bien plus facilement, ce qui vous permettra de vous sentir plus à l’aise.

Comment savoir si vous souffrez d’une intelligence émotionnelle insuffisante ?

Pour savoir si vous souffrez d’une intelligence émotionnelle insuffisante, un certain nombre de symptômes sont à prendre en compte. Il est important de bien les connaître et, mieux, de savoir les détecter. Ce sont en effet autant d’alertes qui doivent vous interpeller quant à votre Quotient Émotionnel.

  1. Un rien vous stresse, vous vous mettez une pression insoutenable alors même que le contexte ne s’y prête guère : « les autres vont se moquer de mon accent quand je vais leur parler en anglais. »
  2. Vous vous sentez toujours « écrasé » dans un groupe, vous n’arrivez pas à prendre la parole ou à faire passer vos idées : pourtant vous êtes en entretien de recrutement ou à l’aune de soutenir vos travaux, donc vous n’avez pas le choix.
  3. Vous ne savez pas décrire vos émotions, vous êtes binaire — « je vais bien » ou « je vais mal » —, alors que la palette d’états est bien plus large que ça (par exemple : « je suis motivé », « je me sens oppressé », « je suis préoccupé »).
  4. Vous ressassez sans cesse leserreurs commises dans le passé, ce qui vous fait perdre totalement confiance en vous : « J’ai échoué lors de ce précédent entretien d’embauche, je vais aussi rater celui-ci. »
  5. Vous avez l’impression que personne ne comprend ce que vous dites, que vous êtes transparent et que votre auditoire ne vous prête guère d’attention.
  6. Vous ne connaissez pas vos limites émotionnelles, c’est-à-dire ce qui peut vous faire craquer facilement. Vous appréhendez donc d’éventuelles questions auxquelles vous craignez de ne pas savoir répondre, durant votre intervention. Vous avez peur que cela vous fasse perdre vos moyens.

Vous vous reconnaissez dans ces symptômes, vous ressentez plusieurs de ces émotions avant un entretien d’embauche, un échange oral ou une présentation devant se dérouler en anglais ? Rassurez-vous, tout n’est pas perdu, loin s’en faut ! Nous allons maintenant vous expliquer comment améliorer votre intelligence émotionnelle pour accroître vos performances à l’oral.

Comment améliorer votre intelligence émotionnelle ?

Moult solutions existent pour améliorer votre intelligence émotionnelle et ainsi booster votre aptitude à vous adresser en anglais face à un public. Vous pouvez notamment travailler seul ou être accompagné par un coach en prise de parole. L’objectif est dans les deux cas de travailler sur chacun des facteurs abordés précédemment.

Le facteur intra-personnel

Avant de réussir à comprendre vos émotions, vous devez tout d’abord en avoir conscience. Ainsi, lorsque vous devez prendre la parole en anglais, il est important que vous sachiez vous écouter et vous concentrer sur votre affect. Gardez le contrôle de vos émotions en les accueillant positivement. Vous ferez ainsi d’une pierre deux coups en gérant également votre état de stress. L’épreuve de l’oral dans une autre langue que la vôtre sera donc vue comme une opportunité de vous montrer sous votre meilleur jour.

Le facteur « gestion du stress »

Contrairement aux idées reçues, le stress peut également être une source de motivation. Or, si vous vous focalisez sur son aspect négatif, c’est le meilleur moyen d’aller au casse-pipe. Pourtant, si vous parvenez à accueillir votre stress avec bienveillance, vous gagnerez en charisme.

La confiance que vous dégagerez mettra votre auditoire dans de bonnes dispositions et il sera toute ouïe lorsque vous prendrez la parole. Votre légitimité sera à son paroxysme et vous pourrez obtenir les faveurs de vos interlocuteurs. Vous vous doutez bien alors que la confiance que vous aurez en vous pourra être perçue comme de la motivation par un recruteur lors de votre entretien d’embauche.

Le facteur inter-personnel

C’est l’un des aspects les plus importants. Vous exprimer de façon intelligible en étant sûr de vous est une première étape, mais en règle générale, vous n’interviendrez que rarement dans un monologue. Durant un entretien de recrutement, vous serez en effet amené à répondre à des questions sur vous et votre parcours. Pendant une conférence, vous serez interrogé par votre auditoire pour approfondir le sujet développé. Durant une discussion avec un anglophone, un échange devra s’instaurer.

Dans toutes ces situations, vous devez mettre en avant votre capacité à entrer en interaction avec les autres. Soyez attentif à vos interlocuteurs et faites preuve d’empathie pour pouvoir adapter au mieux votre façon de répondre. Vous ne devez ni surjouer ni, au contraire, mésestimer voire mépriser les personnes qui s’adressent à vous.

Le facteur « adaptabilité »

Le maître-mot « adaptabilité » revêt donc ici une importance capitale ! Dans la lignée du facteur inter-personnel, votre attention aux détails est déterminante. Si l’on vous demande de reformuler, ne partez pas du principe que la personne vous a mal compris, mais plutôt que vous vous êtes mal exprimé. Accédez donc à sa demande sans agacement, mais plutôt avec entrain.

De même, vous devez être capable d’anticiper. Imaginez que votre public vous lance des regards interloqués ou hagards : visiblement quelque chose que vous avez dit ne passe pas ou n’a pas été compris. Votre capacité d’adaptation doit alors entrer en jeu et vous devez prendre la balle au bond pour ne pas laisser la situation en l’état. N’hésitez pas à solliciter des explications sur ce qu’ils n’ont pas compris, pour vous permettre de reprendre votre narration ou votre réflexion.

Le facteur « humeur générale »

Si vous êtes motivé lors de votre prise de parole, votre auditoire le ressent et est à votre écoute. Vos motivations pour le poste convoité sont évidentes, la maîtrise de votre sujet durant une présentation ne fait aucun doute et votre aisance à l’anglais semble naturelle.

Pour parvenir à un tel résultat, vous devez donc vous auto-motiver. Mettez par exemple de côté votre croyance limitante selon laquelle, à cause de votre prononciation anglaise bien trop française, vous serez la risée de l’auditoire. Il n’en est rien. Ne tombez pas dans le pessimisme, persuadez-vous que tout va bien se passer et respirez lentement et profondément tout au long de votre prestation.

Les attitudes à adopter pour contrôler votre intelligence émotionnelle

Pour vous aider à contrôler votre intelligence émotionnelle, adoptez une série de langages verbaux et non verbaux, qui serviront autant à vous motiver qu’à persuader les autres que vous êtes à l’aise. Au niveau du langage verbal, privilégiez le positif avant tout. Ne dites pas :

  • « n’aie pas peur » mais « sens-toi à l’aise » ;
  • « ne sois pas anxieux » mais « sois serein » ;
  • « je ne veux pas paniquer » mais « je veux rester calme ».

De la même manière, le langage non verbal, ou corporel, est important et renvoie une certaine image à votre auditoire. Autant qu’elle soit la plus positive possible ! Aussi, par exemple, évitez de bouger dans tous les sens durant votre présentation. Ou encore, contrôlez votre voix et votre respiration, oubliez votre accent que vous pensez perfectible, restez naturel. Si vous parvenez à faire croire aux autres que vous êtes à l’aise, vous finirez par en être persuadé aussi… et vous le serez, effectivement !

Inscrivez-vous à des séances de coaching

Si vous en ressentez vraiment le besoin, vous pouvez aussi vous inscrire à des séances de coaching personnel. Un professionnel vous accompagnera pour améliorer votre intelligence émotionnelle, dans le but d’accroître votre confiance en vous et vos performances lors de vos prises de parole en anglais. Et si votre plus grosse crainte porte sur votre maîtrise de l’anglais, perfectionnez-vous à la maison ou en prenant des cours.

Dans tous les cas, n’oubliez pas que les seules réelles croyances limitantes sont celles que vous vous imposez. En adoptant une attitude sereine et confiante, vous vaincrez vos démons, optimiserez votre intelligence émotionnelle et pourrez, par exemple, réussir un entretien d’embauche, même en anglais.

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