Origine de la langue anglaise

Origine de la langue anglaise

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En 2020, le nombre de locuteurs en langue anglaise dépasse 1,260 milliard. D’après la 23e édition de l’étude linguistique publiée par le site www.ethnologue.com, ce chiffre les place au premier rang, juste devant ceux qui parlent le mandarin. Pourtant, seuls 370 millions d’entre eux l’utilisent au titre de leur langue maternelle, derrière le mandarin et l’espagnol. L’apprentissage de l’anglais en tant que deuxième langue est donc couramment répandu. Voici l’histoire de la langue anglaise, qui a su s’imposer, au fil des siècles, comme première langue parlée dans le monde.

Origines et influences de la langue anglaise

Les origines de l’anglais divergent selon les sources. D’aucuns lui confèrent une apparition au Ve siècle, d’autres au VIIe voire VIIIe siècle. Quoiqu’il en soit, tout le monde s’accorde à lui attribuer trois grandes étapes : l’anglais ancien ou old English, l’anglais moyen ou middle English et l’anglais moderne ou modern English.

Tout savoir sur l’anglais ancien ou old English

Jusqu’au XIIe siècle, une langue puisant ses racines principales dans les dialectes de tribus germaniques se démarque peu à peu : l’anglais ancien ou old English. Ces tribus, arrivées des pays scandinaves, conquièrent des territoires nouveaux au fil des années jusqu’à prendre possession de l’actuelle Grande-Bretagne.
Leurs langues courantes fluctuent selon leurs groupes ethniques : on y trouve par exemple du francique, du saxon et de l’anglien. Le mélange de ces langages a formé l’anglais, dont le nom a été donné par la tribu des Angles.
Dès lors, durant 400 à 500 ans, cette mixité ethnique et linguistique, associée à plusieurs mutations du langage, va former l’anglais ancien. Par ailleurs, de multiples invasions ont pu apporter leur lot d’influences, comme le vieil islandais parlé par les Vikings.
Initialement écrite grâce à l’alphabet runique, elle bascule petit à petit vers l’alphabet latin encore utilisé de nos jours. Certains mots utilisés à cette époque lointaine sont toujours d’actualité, à l’instar de him, take, they et tous leurs dérivés.

Évolution vers l’anglais moyen ou middle English

À partir du XIe siècle, l’anglais ancien commence à recevoir d’autres influences, notamment latines et normandes, car en 1066 a lieu la bataille de Hastings, remportée par Guillaume le Conquérant. Ce dernier devient alors roi d’Angleterre et impose le normand comme langue de la cour. Le normand est en effet, à cette époque, la langue d’oïl, parlée dans la moitié nord de la France à l’exception de l’Armorique.
De ce fait, l’anglais ancien se mélange avec le normand. Il lui emprunte des mots tels que pardon, cream, nature ou table. De même, des assemblages de deux lettres, sh ou ch par exemple, ont été introduits à cette époque, tout comme le w qui remplaçait le vv et le uu.
D’autre part, le latin est la langue officielle du christianisme et donc de l’Église. Des termes d’origine latine ont alors intégré la langue anglaise au fil des décennies, comme lunatic ou zenith. De plus, le latin ayant lui-même des influences grecques, l’anglais moyen est devenu un savant mélange de toutes ces langues.
Enfin, aux XIVe et XVe siècles, la Guerre de cent ans marque l’avénement de l’anglais, langue du peuple, au détriment du français qui était devenu la langue officielle des nobles à force d’unions entre des rois anglais et des princesses françaises. Petit à petit, l’anglais a finalement été déclaré langue officielle du pays, bien que la monarchie parlât également le français.
Du XVIe siècle à nos jours : l’anglais moderne ou modern English
Deux périodes se succèdent depuis les années 1500 : le early modern English jusqu’en 1750 et le late modern English depuis. Le latin et le grec continuent de nourrir et de faire évoluer l’anglais, notamment via les disciplines scientifiques qui se démocratisent et qui adoptent le latin. Ainsi, le mot atmosphère en est issu.
Au fil des siècles, outre le latin, l’italien et l’espagnol s’invitent dans la langue anglaise, grâce respectivement à une aura impressionnante de l’Italie en Europe durant la Renaissance et au fait que la reine Elizabeth I parlait espagnol.
Enfin, les échanges commerciaux devenant peu à peu transfrontaliers, notamment par le biais de la navigation maritime, l’ouverture à d’autres pays se fait plus régulière. Les échanges culturels prennent de l’ampleur et les langues évoluent. Ainsi, l’anglais de cette époque voit son vocabulaire enrichi de mots néerlandais, avec yacht, arabes, avec cotton, ou amérindiens, avec chocolate.
Ces fortes influences internationales vont continuer jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. À cette période, brusquement, l’anglais devient omniprésent dans les échanges commerciaux. De là, son influence devient croissante et c’est lui qui partage son contenu avec les autres langages.

Diffusion internationale : dans quels pays parle-t-on l’anglais ?

Ces interactions et cette prédominance sont telles qu’à partir de cette même époque, les colonisations de l’Empire britannique étendent les territoires anglophones. Irlande, Amérique du Nord, Afrique du Sud, Australie… font ainsi partie des pays qui ont adopté l’anglais à la suite de ces conquêtes.
Aujourd’hui, l’anglais est parlé par plus d’un milliard de personnes à travers le monde. La plupart cependant le pratiquent uniquement de manière professionnelle ou ponctuelle. Les pays et états concernés se chiffrent à plus de cinquante, parmi lesquels Malte, la Jamaïque, Singapour, l’Inde, le Pakistan, l’Île Maurice, le Cameroun, la Tanzanie ou la Zambie.
Les deux Guerres mondiales ont par ailleurs davantage accentué la dominance de l’anglais, grâce à la victoire des États-Unis. Depuis, la langue anglaise ne cesse de progresser dans les échanges internationaux. Le nombre d’anglicismes utilisés notamment en français démontrent ce statut prépondérant.

L’anglais aujourd’hui du futur : un clin d’œil au passé

L’anglais est tellement présent dans le commerce et les affaires dans le monde qu’il est largement utilisé, notamment comme deuxième langue. Or, à l’instar par exemple du latin durant l’Europe pré-moderne, si le langage écrit connaît une certaine stabilité, les dialectes parlés subissent de fortes mutations au fil des années.
Il suffit de faire un bilan : le latin a évolué en espagnol, français, italien, portugais et même roumain. L’anglais évolue également depuis son origine. On rencontre aujourd’hui l’anglais de Grande-Bretagne, des États-Unis, du Canada, d’Australie… Bien que la base soit commune, nombre de mots ont été modifiés avec le temps. Nous pouvons citer center et centre, color et colour, license et licence. Dans le premier cas, il s’agit de l’anglais américain, dans le second de l’anglais britannique. L’orthographe diffère, la prononciation également, ce qui peut devenir un casse-tête pour les non initiés, tels que les français.
Par ailleurs, des transformations profondes sont en train de s’opérer, comme le démontrent le « singlish » parlé à Singapour ou le « spanglish » utilisé par les hispano-américains vivant aux États-Unis. Nul doute qu’à terme, ces mélanges de plusieurs langues deviendront un jour des langues à part entière.
L’anglais est bel et bien une langue vivante qui, après avoir copié des consonances ou des mots à d’autres langages dès son origine, a joui d’une aura sans commune mesure dans l’histoire de la civilisation humaine. Son influence est telle que nombre de langues lui empruntent des termes. Le brassage des cultures et des ethnies, de nos jours, la font évoluer encore et encore. Qui sait ce qu’elle deviendra dans un siècle ou plus ?! On vous donne rendez-vous.

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